Il se trouve que depuis lundi en fin d’après-midi, j'ai une douleur au bras droit, qui me prend tout le bras jusqu'à l'épaule. J'ai du mal à lever le bras, à faire des mouvements avec, je ne sais pas d'où ça vient et donc je me suis dit que j'allais faire le protocole somatique pour traverser la douleur… Ce qui m'est venu tout d'un coup, c'est que je n'arrivais pas à lever mon bras, comme quand j'écris au tableau en classe. C'est-à-dire que jusqu'au 31 août, j'étais professeur en lycée et là, je me suis rendu compte qu'en fait c'était relié à ce qui vient d'arriver de terrible au lycée à Arras et que là, étant seule ici chez moi, n'étant pas en salle des profs avec mes collègues, à discuter de ce qui s'était passé comme on avait pu le faire à l'époque pour Samuel Paty, eh bien mon corps m'exprimait cette impossibilité de le faire, de mettre des mots sur cette tragédie. Quand j'en ai pris conscience, j'ai senti que la douleur physique se modifiait, en tout cas, qu'elle s'atténuait. Car je lui laissais la possibilité de s’exprimer. Ça a été un moment très révélateur de ce que la douleur avait à me dire. Alors évidemment, je me suis mise à pleurer, bien sûr. C’est tellement douloureux pour nous tous! J’ai parlé, seule, j’ai vidé mon sac. J’ai pleuré beaucoup. Je n’étais pas en salle des profs avec mes collègues, je ne suis plus professeur sur le papier. Mais je le suis encore, cela fait partie de moi, de mon identité. Je pense fort à mes collègues, à tous les professeurs de France et d’ailleurs, qui œuvrent à éduquer les consciences, à faire briller le potentiel des enfants qui leur sont confiés, avec le souci de les aider à être autonomes dans leurs réflexions, à trouver leur voie et à partager l’humanité qui nous relie tous. Et je pense à mes collègues de Conflans-Sainte-Honorine et d’Arras qui devraient être encore là à faire ce travail de transmission. #jesuisenseignant#douleurphysique#douleurmorale#droitaleducation#libertedepenser#education#enseignement#soutienmoral#transmission#devoirdememoire